Come back

Le ballottement régulier du train vient à bout de mes dernières forces. Je pose ma tête contre la vitre, heureuse de constater que je ne sens pas les aspérités du rail pour autant. Le sommeil vient à la charge, si fort que dans l’angle de mon champ de vision un éclair déchire le ciel. Sauf que ce n’est pas la voûte céleste que la lumière a fendu, mais le plafond du train. Je cligne des yeux, ahurie de ce que je viens de voir. Voilà que je me mets à halluciner de fatigue. Lasse, je prends le parti de rendre les armes. Je laisse tomber mes paupières pour me fermer au monde. Néanmoins je sens toujours cette présence à côté de moi. L. est là, à côté de moi. On ne se touche pas mais nos auras sont appuyées l’une contre l’autre, voilà qui me rassure. Je sais que quelqu’un va veiller sur mon corps lorsque je vais passer en veille. Je me laisse alors glisser doucement vers l’univers du rêve. Dans mon cerveau, je regarde le ciel par la fenêtre. Il est d’un bleu azur éclatant, il doit faire si bon dehors. Moi je suis toujours dans mon train, dans la rame il pleut averse. Je suis bien contrariée d’être bloquée dans cette boîte de conserve humide alors qu’il a l’air de faire si chaud à l’extérieur. Un éclair déchire une nouvelle fois le plafond, laissant sur le sol une auréole noircie. Le tonnerre ne tarde pas à suivre, mais bien trop aigu et strident. J’ouvre les yeux. Ce n’est que la sonnerie indiquant la fermeture des portes du train. D’un geste machinal et endormi je remets mes cheveux en place pour chasser ceux qui avaient tendance à me chatouiller le nez. Je remarque qu’une jeune femme s’est assise en face de moi, je ne l’avais même pas senti arriver. Un coup d’oeil à ma droite suffit à m’assurer que L. est toujours là. Il n’en faut pas plus pour me convaincre de me laisser sombrer à nouveau. Cette fois je me sens tomber. Je plonge tête la première dans le terrier du lapin blanc et passer une strate supérieure du monde des rêves. Mon esprit divague totalement et je ne suis même pas capable de vous dire ce qui s’y est passé. La chanson « Manon » de Jil is Lucky prend place dans mon cerveau et me berce agréablement. Bien que mon corps soit dans une position foireuse, proche d’avoir des fourmis, ma tête s’en fiche. Elle est bien. Je traverse la banlieue parisienne à toute allure, tandis que mon esprit file au travers des continents. Enfin, je voyage. « Paris Saint-Lazare ». L’annonce me tire de mon sommeil onirique. L. me regarde et sourit, je dois avoir une tête horrible, il se moque ! Je lui souris en retour car j’étais si bien. J’adore quand mon esprit flotte à la frontière de la réalité avant de s’enfoncer dans son monde. J’adore tellement ça que je me suis dit qu’il fallait absolument que j’écrive à nouveau. Alors voilà.

Comments
One Response to “Come back”
  1. Jenepy dit :

    Oh ! Le retour des rêves ! Et de l’écriture ! Joie et bonheur ! \o/

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