Orion et Aldéïs – Tome 2

Orion et Aldéïs c’est une histoire d’amour et de mic mac temporel. Comme toutes les histoires à voyage temporel (et les histoires d’amour) c’est carrément le bordel, du coup je vous encourage à lire le tome 1 que vous trouverez en cliquant ici. J’ai écris la première partie il y a un an jour pour jour, je m’en suis rendue compte en mangeant ma pomme ce matin (passionnant hein ?) du coup pour leur anniversaire je redonne vie à Orion et Aldéïs. En piste !

–          Et maintenant ? interroge Aldéïs

–          Maintenant que tu as traumatisé ce pauvre Borel ? lui répond Orion, et bien maintenant je pense qu’il est temps de rentrer.

–          On se met dans le canapé, on mange un pot de glace avec deux cuillères et on regarde un film ? Oh, t’as des pims ?

–          Je te ramène chez toi Aldé, pas chez moi.

–          Chez moi ?

–          Dans ton appart.

–          J’ai pas d’appart.

Orion et Aldéïs se fixent. Si Orion met tous ses neurones en action pour tenter de trouver pourquoi son ex semble avoir fait un black out total jusqu’à oublier son déménagement d’il y a deux mois, Aldéïs elle, semble sur un nuage. Orion se met à la détailler du regard : pour une fille qui vient d’apprendre qu’elle s’est faite larguée il y a trois mois et qui a perdu la mémoire elle ne semble pas trop déprimée. Enfin plus maintenant. Pourtant dans ses souvenirs, Aldéïs est restée par terre de nombreux mois après leur rupture. Non pas qu’il voudrait que ce soit à nouveau le cas, bien sur que non, mais l’étrangeté de la situation le turlupine.

–          Tu as emménagé il y a deux mois Aldé.

–          Non sérieux ? C’est trop dare !

Dare. Elle en a de ces expressions Aldéïs… « c’est trop dare ». Pourtant Orion essaye de lui faire corriger son langage. Dans l’absolu ça l’amuse d’écouter ses phrases étranges « Intrinsèquement, j’ai le seum ». Comment peut-on employer deux langages aussi différents dans la même locution ? Penser à tout ça le fait sourire, la réaction d’Aldéïs est immédiate : elle éclate de rire.

–          T’as vu, même toi tu trouves ça trop bien ! J’ai des rideaux violets hein ? Je suis certaine que j’ai des rideaux violets ! On a testé le lit ? Il est bien ? Il grince ?

–          Oui tu as des rideaux violets…

–          C’était sur !! Par contre, petit détail, tu sais où sont mes clefs ?

–          Oh putain les clefs !

–          Tu es vulgaire amour. T’as le seum ? Bon bah du coup… pizza ?

–          Whisky.

 

 

 

–          Et maintenant ? interroge Aldéïs

–          Maintenant que Borel t’as traumatisé ? lui répond Orion, et bien maintenant je pense qu’il est temps de rentrer.

–          Toi chez toi et moi chez moi, faisons ça, j’ai besoin d’air.

–          Chez toi ?

–          Oui, dans mon appart.

–          T’as pas d’appart.

Aldéïs se décompose. Ce bond temporel n’est vraiment pas tombé au bon moment, elle n’a même plus d’endroit où dormir. Quelle angoisse… Orion coupe court à ses pensées moroses :

–          Bon, du coup tu viens chez moi ?

–          Sachant que c’est ça ou le trottoir, je pense que je vais effectivement prendre mes quartiers dans ton canapé jusqu’à ce que je trouve une solution.

–          Dans mon canapé ? T’es pas sérieuse ?

–          Ecoute ma gueule, peut être que vu de ta fenêtre on en est encore au stade des nuits de sexe endiablées, mais vu de la mienne t’as essayé d’étriper mon cœur donc je l’ai un peu mauvaise. En conclusion : canapé.

–          Tu vas me dire que tu ne m’aimes plus ? Du tout ?

Aldéïs soupire. Elle déteste ce genre de conversations, c’est délicat (beaucoup trop pour elle) et ennuyeux. D’autant que même si elle prend des pincettes ça se finira mal. D’un coup elle a  une furieuse envie de retrouver son canapé, un pot de glace et une seule et unique cuillère pour lui faire sa fête en regardant une série stupide. En pyjama avec des grosses chaussettes : la solitude parfaite en somme.

–          Aldé ?

–          Si. Enfin non. A vrai dire je… c’est compliqué.

–          Non c’est simple, tu m’aimes.

–          Ah les hommes et leurs certitudes…

–          Et bien développe.

–          Oui je t’aime, toi le Orion de maintenant. Celui d’avant les déchirements, les soirées foireuses, mes larmes, tes opinions branlantes, le fait que tu m’abandonnes pour te conformer à l’avis des autres, que tu me sacrifies pour…

–          Okay okay, arrête tu fais mal. Revenons au début, tu m’aimes.

–          Je t’aime à ton époque. Dans six mois tu ne seras plus celui que tu es maintenant. J’ai du faire mon deuil, le deuil de l’homme que j’aimais qui est mort entre mes doigts sans que je ne puisse rien y faire. Celui dont j’étais fière, que je trouvais beau, avec qui j’aurais volontiers passé mes nuits pour le restant de mes jours. Mon amour tu n’es plus qu’un souvenir, dans mon époque tu n’existes plus.

–          J’ai changé à ce point ? ou je vais changer… je ne m’en sors pas avec les bonds temporels.

–          Peut être n’as-tu pas changé, peut être est ce seulement moi qui ai appris à te connaître et qui ai cessé de t’idéaliser. Je ne sais pas, l’un ou l’autre. Probablement un peu des deux. Mais on ne construit pas une histoire sur un souvenir, on ne bâtit aucun empire avec des fantômes.

–          Tu ne reviendras pas avec moi ?

Les yeux verts d’Orion prennent ce regard qu’Aldéïs connait si bien. Trop bien. Petit chat suppliant, qu’est ce qu’elle déteste ces yeux là ! Elle laisse ses souvenirs repeindre le visage d’Orion tel qu’elle l’aime : son regard devient rieur et son visage s’illumine. Elle soupire, qu’est ce qu’il est beau cet homme quand il est heureux. Un douleur à la paume l’arrache à sa séquence souvenir. Sans s’en rendre compte elle enfonçait ses ongles profondément dans sa main. Ah oui, c’est vrai qu’actuellement elle le déteste. Les femmes blessées ont une capacité à la rancune assez incroyable. Elle espère qu’un jour cette haine se fatiguera autant qu’elle la fatigue.

–          Non, jamais.

–          D’accord…

Un long silence s’étend, si lourd de sens qu’Aldéïs le trouve intenable. Elle fait donc ce qu’elle fait toujours dans ces cas là : dire le premier truc qui lui passe par la tête.

–          Okay, ambiance de merde. J’ai compris t’as le seum… bon bah du coup… pizza ?

–          Whisky…

Mot de l’auteur : c’était une très mauvaise idée de nommer un de mes personnages « Borel » par réflexe j’écris toujours « Bordel ». C’est pas tip top.

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