Borel et Aldéïs

– C’est ton tour ! annonce Borel

– Vas y, lance le, répond Aldéïs

Bordel pose sa paume sur le globe puis le fait tourner sur lui même. Les pays se mettent à défiler à une vitesse vertigineuse, se mélangeant aux mers et aux océans dans les pupilles des deux amis. Aldéïs lève doucement son doigt avant de l’appliquer sur la surface lisse de la sphère colorée, ce qui a pour effet d’arrêter immédiatement sa rotation. Elle lève les yeux vers Borel qui s’était penché pour savoir sur quoi elle était tombée :

– Égypte, Gizeh ! Je te ramène une pyramide porte-clef !

– A tout à l’heure !

En une fraction de seconde, Borel se retrouve seul dans la bibliothèque poussiéreuse qu’Aldéïs et lui ont découvert il y a trois mois. Mais la plus grosse découverte reste sans nul doute ce globe télé-porteur qui les amuse tous les soirs depuis.

Une chaleur insoupçonnée s’abat sur Aldéïs, contrastant avec la moiteur de la bibliothèque, pourtant il fait nuit, le ciel brille de millions d’étoiles comme elle n’en a jamais vu. Devant elle s’étend un océan de sable et des pyramides impressionnantes. Un homme s’approche et lui dit quelque chose.

– Je ne parle pas égyptien, répond la jeune fille.

L’homme ne semble pas déstabilisé et rétorque dans un français hasardeux :

– Tu es la reine ? Tu venir d’apparaitre comme ça, c’est magie !

Il désigne trois petites pyramides du doigt. Aldéïs oublie l’homme pour s’approcher des constructions, émerveillée. « Les pyramides des reines » ! Elle n’aurait pas pu mieux tomber (quand Borel saura qu’elle est réellement arrivée  en plein milieu des pyramides il crèvera de jalousie c’est certain). De la main elle se met à caresser les pierres qui semblent chanter ou murmurer. Une mère et deux épouses dorment ici. Les blocs rocheux paraissent frissonner sous son contact. A vrai dire non, ils bougent, ils s’écartent même. Aldéïs est médusée, la roche s’écarte comme pour lui laisser un passage. Les murmures commencent à devenir intelligible, on dirait des supplications. L’homme derrière elle essaye de lui crier quelque chose, elle se retourne vers lui en lui faisant signe de la laisser tranquille. Le type part en courant, l’air effrayé et désolé. Aldéïs reporte son attention sur le trou dans la pyramide, il est assez grand pour s’y faufiler maintenant. Alors qu’elle s’approche, un buste momifié garni d’une tête ignoble et deux bras jaillit de l’ouverture, une main squelettique attrape le poignet d’Aldéïs dont le gémissement est couvert par le murmure devant hurlement « Prend ma place ! ». La jeune fille se jette en arrière…
… et tombe sur le plancher poussiéreux de la bibliothèque. Borel se penche sur elle :

– T’es toute pâle, t’as vu une momie ou quoi ?

– Tu crois pas si bien dire… heureusement que les voyages sont de courtes durées… j’ai pas tellement envie d’en parler tout de suite. C’est à toi !

La main encore tremblante d’Aldéïs fait tourner le globe. Bordel ferme les yeux et pose son doigt en souriant.

– Alors ? interroge-t-il

Son amie explose de rire.

– JUVIGNY SUR LOISON ! Dans la Meuse, tu restes dans notre jolie France. Amuse toi bien !

– C’est vraiment pas juste, grogne Borel avant de disparaitre.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :