Il se passe des choses dehors
Il se passe des choses dehors je crois. Je ne sais pas, je suppose juste. J’ai des passages à bulle. Vous savez, ces moments où d’un coup plus rien n’existe. Sortir complètement du contexte de sa vie. Il y a ces instants là, les plus précieux, où tout est mis en parenthèses. Ce que l’on a devant les yeux est étrangement net, tandis que tout le reste n’est que flou artistique. Il se passe des choses dehors, des choses qui pour l’instant ne me concernent pas. Je m’en occuperais plus tard. Ou peut-être jamais si elles n’en valent pas la peine. Je ne suis même pas certaine de ce qui se prépare. Je suis cachée, aucun réseau ne peut m’atteindre pour les heures à venir. C’est ce que je me dis en sombrant dans le sommeil. Je serre les draps dans ma main, la douceur m’envahit, je sombre sans vraiment le sentir dans le royaume des rêves. Ma cervelle fait défiler devant mes paupières closes une réalité altérée. Mon onirisme s’éparpille en sentiments divers et lors de mes nombreux éveils je dois réfléchir à deux fois pour savoir ce qu’il en est. Il se passe des choses dehors, des toutes petites et d’autres qui me dépassent. Rien qui ne mérite mon attention pour l’instant, pour le reste de la nuit je ne suis indispensable à personne. Le sang ne circule plus dans mon bras, je me retourne, puis encore une fois, pour trouver la position parfaite. Je glisse ma main sous l’oreiller, le sommeil m’alpague à nouveau. Je déambule dans une réalité erronée, rien ici n’est vrai, rien n’a de sens. Aucun but, je revis des moments déjà vécu mais sous un angle différent. Réveil en sursaut, il y a quelqu’un qui crie dans la rue. Je pourrais regarder l’heure, mais la lumière des lampadaires nocturnes jetée sur le sol de l’appartement m’indique ce que je veux savoir : c’est l’heure de changer de position et de se rendormir. Je serre la main de l’endormi à côté de moi, le temps s’évanouit et moi avec. Il doit surement se passer quelque chose dehors, mais ça n’a aucune importance.
Tout est dit…Bonne Nuit a toi aussi